Ce que tu vas découvrir dans cet épisode
Cet épisode est construit autour d’une conversation sincère entre Judith et Nicolas Duvernois. Le cœur de la discussion est la pause professionnelle entamée par Nicolas, qui, au moment de l’épisode, avait réduit 95 % de ses activités depuis octobre 2024.
Il révèle qu’il était simplement épuisé et avait besoin de prendre une pause, réfutant les rumeurs publiques selon lesquelles il serait atteint de « la maladie la plus rare au monde » ou serait en phase terminale. Cet épuisement s’est accumulé sur plusieurs années, résultant d’une vie intense où il était même fatigué par ce qui le passionnait : projets, journal, radio, télévision, affaires, famille.
Nicolas et Judith abordent le tabou et l’incompréhension totale entourant la santé mentale et l’épuisement professionnel. L’entrepreneur partage les signaux que son corps lui envoyait, tels qu’une perte de créativité (une problématique importante pour lui), du cynisme, de l’impatience, ainsi que des symptômes physiques comme des douleurs dues à l’anxiété et au stress.
L’épisode révèle également que son épouse Karo et ses partenaires ont tenté de mettre en place une « intervention » (un concept tiré d’une émission américaine). Nicolas a rapidement « abdiqué et annoncé qu’il arrêtait tout, une décision qui a beaucoup surpris son entourage.
Parmi les autres thèmes abordés, on trouve l’importance du débat et de l’analyse approfondie, critiquant le manque de place pour ces discussions dans les médias actuels, ainsi que la place de l’échec qui fait partie intégrante de la vie d’un entrepreneur.
Les grands thèmes abordés
Les grands thèmes abordés dans cette conversation touchent à la fois la sphère personnelle de l’entrepreneur et des réflexions plus larges sur la société et les affaires, le tout tissé autour de la décision de Nicolas Duvernois de ralentir considérablement ses activités professionnelles.
La santé mentale et ses signaux d’alarme occupent une place centrale dans l’échange. Au-delà des rumeurs et de l’incompréhension publique, Nicolas aborde franchement les manifestations concrètes du surmenage : le cynisme qui s’installe, l’impatience croissante, les douleurs physiques liées au stress, et surtout, la disparition progressive de cette étincelle créative qui le définissait. Cette accumulation silencieuse sur plusieurs années témoigne du prix d’une vie menée à plein régime.
Concernant l’entrepreneuriat, le dialogue met en lumière la nature complexe de cette « science humaine ». La créativité nourrie par la curiosité est présentée comme essentielle, Duvernois incarnant ce visionnaire capable d’anticiper les désirs futurs des clients. Il démystifie l’idée de formule magique pour réussir et normalise l’échec comme composante inévitable du parcours entrepreneurial, que ce soit à l’échelle de l’entreprise, d’un projet ou d’un produit. Chaque épreuve, même difficile, forge la résilience nécessaire pour affronter les crises futures.
La conversation dérive également vers une critique de la société moderne et du manque d’analyse approfondie et de débat. L’entrepreneur exprime sa frustration face à la « politique du clip » et à la passivité ambiante, où l’effort de s’informer véritablement ou de participer à la vie démocratique semble trop demander. Le format balado apparaît alors comme un refuge précieux pour des échanges substantiels, libérés des contraintes temporelles des médias traditionnels.
Un thème plus personnel émerge autour de la mémoire collective et des symboles identitaires. Nicolas partage son attrait pour les cimetières, qu’il perçoit comme des archives vivantes de notre histoire, et pour les hymnes nationaux qui cristallisent la fierté d’un peuple. Ces réflexions l’amènent à questionner le déficit de fierté et de rituels commémoratifs au Canada.
Enfin, le dialogue explore les défis de l’équilibre personnel et de la vie de couple. Nicolas reconnaît la difficulté de s’extraire de la tyrannie du calendrier et de s’accorder la priorité qu’on donne si facilement aux autres. Il partage également sa démarche d’exprimer publiquement son amour pour sa femme Karo, tout en soulignant l’importance cruciale de communiquer ses besoins et limites dans une relation, plutôt que de les enfouir jusqu’à l’explosion.
Qui est Nicolas Duvernois?
Nicolas Duvernois est un entrepreneur québécois né en 1980 à Montréal, diplômé en science politique de l’Université de Montréal. Il se définit avant tout comme un papa et un mari, étant marié à Karolyne (Karo), qui est aussi la cofondatrice de l’entreprise, et père de trois enfants.
Il est le fondateur et PDG de Duvernois Esprits Créatifs (anciennement Pur Vodka), la première vodka ultra-premium produite au Québec. Lancée en 2009, sa vodka a remporté le titre de meilleure vodka au monde au World Vodka Masters de Londres avant même qu’une seule bouteille ne soit vendue. Pour financer son projet, il a travaillé pendant plus de quatre ans comme préposé à l’entretien de nuit à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, n’ayant pu obtenir aucun financement des institutions financières. En 2016, il a également fondé Romeo’s Gin et le Fonds Romeo’s pour promouvoir et soutenir les artistes québécois et d’ailleurs.
Figure médiatique et intellectuelle, Nicolas Duvernois a été Dragon pendant six ans dans l’émission « Dans l’œil du dragon » sur les ondes de Radio-Canada. Il est chroniqueur vedette du journal Les Affaires, panéliste à « Zone économie » sur RDI, et a siégé au Conseil d’administration d’Investissement Québec. Il a également écrit plusieurs livres dont « Entrepreneur à l’état pur » et « Réussir son télétravail ».
En 2016, il a cofondé le mouvement Adopte inc., une initiative d’aide entrepreneuriale qui offrait un salaire et un jumelage avec des entrepreneurs à succès. Il a aussi été porte-parole de l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants du Québec (ACEE) et président de la Jeune chambre de commerce de Montréal en 2017.
Sa recette entrepreneuriale repose sur la créativité nourrie par la curiosité. Il se voit comme un visionnaire dont le rôle est d’anticiper les désirs des clients futurs et promeut l’authenticité en affaires. Après des années intenses à jongler entre multiples projets, Nicolas a décidé en octobre 2024 de prendre une pause professionnelle majeure, réduisant 95 % de ses activités en raison d’un épuisement accumulé, réfutant les rumeurs publiques selon lesquelles il serait gravement malade. Il insiste sur le fait que l’échec fait partie intégrante de la vie d’un entrepreneur.
