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La science du pitch – Gaëtan Namouric

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Ce que tu vas découvrir dans cet épisode

Dans cet épisode du balado Un café avec Judith Fetzer, on entre dans l’univers de Gaëtan Namouric, stratège créatif, auteur et philosophe public, qui bouscule joyeusement le monde des affaires avec ses idées bien tranchées. Gaëtan, c’est le genre de penseur qui ne parle pas pour meubler : chaque phrase est une flèche, chaque image, une détonation.

Pendant une heure, Judith et lui explorent à fond ce que ça veut dire, aujourd’hui, « penser par soi-même ». Il partage sa vision du leadership lent, des idées à contre-courant, de la publicité comme arme politique, et de la responsabilité des créateurs dans un monde saturé de contenus.

Avec sa verve inimitable, il parle de désobéissance, de vulnérabilité, de l’importance de la beauté… mais aussi de pourquoi il a quitté la pub traditionnelle et comment il conçoit désormais son rôle comme créatif engagé. C’est une conversation brillante, accessible et provocante, qui donne envie de sortir du pilote automatique pour revenir à l’essentiel : réfléchir, ressentir, créer autrement.

Les grands thèmes abordés

Les grands thèmes de cet épisode tournent autour de la lenteur, de la résistance créative, du pouvoir des idées et de l’engagement intellectuel. Gaëtan Namouric y partage ses réflexions sur la pub, le leadership, l’art, et la posture du penseur dans un monde d’algorithmes et de conformisme.

1. Penser lentement dans un monde qui va trop vite

Gaëtan Namouric explique pourquoi ralentir est un acte de résistance. Dans un univers où tout s’accélère, il revendique le droit de prendre le temps — de lire, d’écrire, de penser.

Il voit la lenteur comme une stratégie créative, une façon de creuser au lieu de réagir, de proposer plutôt que de suivre. Ce n’est pas juste un style de vie, c’est un positionnement politique : refuser de produire à la chaîne pour mieux cultiver la profondeur.

Il raconte aussi comment cette lenteur volontaire lui permet d’être plus juste dans ses analyses, plus pertinent dans ses interventions, et plus libre dans sa pensée. Pour lui, penser lentement, c’est aussi se protéger contre l’instantanéité émotionnelle des réseaux sociaux et le diktat de l’actualité en boucle.

2. La publicité comme outil politique

Ancien publicitaire, Gaëtan Namouric a longtemps travaillé dans les grandes agences avant de quitter ce monde pour créer un modèle à son image. Il partage comment la publicité peut (et doit) être un espace de sens, un vecteur d’idées, un miroir de nos valeurs.

Pour lui, un slogan n’est jamais neutre : c’est une prise de position. Il invite les marques à choisir leur camp, à assumer une voix, à contribuer à quelque chose de plus grand que vendre. Il revient sur plusieurs campagnes qui ont marqué son parcours, en montrant comment une publicité bien pensée peut éveiller les consciences plutôt que les endormir.

Il dénonce la superficialité de certains messages actuels et invite à se demander : qu’est-ce qu’on raconte vraiment au monde quand on choisit tel mot, telle image, telle ambiance? Pour Gaëtan, la pub peut être une force d’impact culturel, à condition de ne pas fuir le débat.

3. L’engagement du créateur

On discute de ce que ça veut dire, aujourd’hui, être un créatif engagé. Gaëtan Namouric parle de responsabilité intellectuelle, d’intégrité dans la création, et du courage de dire non à ce qui ne résonne pas. Il croit que les créateurs ont un devoir : celui de déranger, de poser des questions, d’ouvrir des brèches dans le récit dominant.

Il évoque les moments où il a dû refuser des contrats, même payants, par souci de cohérence avec ses valeurs. Il parle aussi du vide que laisse parfois cet engagement — les moments de doute, de solitude, de remise en question.

Mais selon lui, ce vide est fécond : c’est là que naissent les vraies idées, celles qui changent quelque chose.

4. Beauté, langage et poésie du quotidien

Gaëtan Namouric parle magnifiquement de beauté — pas celle des magazines, mais celle du monde réel, imparfait, vivant. Il raconte son rapport aux mots, à la langue, à la poésie comme outil de résistance douce.

Pour lui, écrire, c’est militer pour une certaine vision de l’humain. Il partage des passages de ses textes, explique comment chaque mot est choisi avec soin, comme un artisan taille une pierre.

Il croit que la beauté a un pouvoir de guérison, de rassemblement, mais aussi de provocation. Redonner du poids aux mots, c’est résister au cynisme, à la fatigue collective, au désenchantement.

5. Leadership vulnérable et pensée libre

Enfin, l’épisode se termine sur la posture du leader d’aujourd’hui. Gaëtan Namouric plaide pour un leadership vulnérable, non hiérarchique, ancré dans l’écoute et la remise en question. Il rejette les figures d’autorité rigides et valorise la pensée libre, l’intelligence collective, la capacité à changer d’idée.

Il parle de son expérience dans l’enseignement, où il apprend autant qu’il transmet. Il croit que le leadership du futur ne sera ni vertical ni basé sur le contrôle, mais sur la co-création et la confiance.

Et que penser librement, oser douter, ralentir pour mieux ressentir… c’est peut-être la chose la plus radicale qu’on puisse faire aujourd’hui.

Qui est Gaëtan Namouric?

Gaëtan Namouric est stratège créatif, auteur, enseignant et fondateur du studio Perrier Jablonski. D’origine française, il a longtemps œuvré dans les grandes agences de publicité avant de s’installer au Québec, où il a contribué à redéfinir la manière de faire de la communication stratégique.

Son parcours est à l’image de sa pensée : libre, audacieuse, multidisciplinaire. Formé à la musique et aux lettres, il a su faire dialoguer l’art, le commerce et la philosophie dans une approche unique. Il collabore autant avec des institutions culturelles qu’avec des entreprises, des coopératives ou des projets à impact social. Sa marque de commerce : l’intelligence appliquée au service d’une vision.

Gaëtan est aussi un penseur public, régulièrement invité dans les médias, les conférences et les écoles pour parler de créativité, de langage, d’éthique et de société. Il anime des formations, écrit des chroniques, publie des manifestes. Ses prises de position sont toujours articulées, souvent poétiques, parfois provocantes — mais jamais tièdes.

Installé à Montréal, il partage son temps entre la direction de projets, l’écriture, l’enseignement et la réflexion stratégique. Il incarne une nouvelle manière de penser l’impact : plus lente, plus sensible, mais ô combien percutante.