Acceuil » « J’ai douté. J’ai pleuré. » : Les vraies coulisses du succès de Guy Cormier

« J’ai douté. J’ai pleuré. » : Les vraies coulisses du succès de Guy Cormier

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Ce que tu vas découvrir dans cet épisode

Il y a quelque chose d’assez particulier dans cette conversation avec Guy Cormier. Rapidement, on oublie complètement qu’on est en train d’écouter l’ancien président du Mouvement Desjardins. Ce qu’on entend surtout, c’est un gars de Varennes qui a grandi avec des parents travaillants, une immense soif d’autonomie puis une vraie fascination pour le monde. Puis honnêtement, c’est probablement ça qui rend l’épisode aussi humain.

Parce qu’au-delà des grandes fonctions, des responsabilités puis du prestige qui vient avec un rôle comme celui-là, Guy Cormier parle surtout d’effort, d’écoute, d’humilité puis de responsabilité. Il raconte ses débuts loin d’être glamours après HEC Montréal, les années où il jonglait avec plusieurs jobs pendant une récession, les enfants arrivés très jeunes dans sa vie, les périodes de doute, puis tout ce que ça demande intérieurement de continuer à avancer quand la vie ne ressemble pas exactement à ce qu’on avait imaginé.


Les grands thèmes abordés

Cet épisode tourne autour de plusieurs thèmes très forts : Guy Cormier, Desjardins, le leadership humain, l’entrepreneuriat québécois, l’adversité, la jeunesse, la responsabilité puis la culture d’entreprise. On parle aussi beaucoup de réussite, mais d’une manière beaucoup moins performative qu’on pourrait le penser. Guy Cormier ne parle presque jamais du succès comme d’un statut. Il parle plutôt de travail, de relations puis de confiance.

Ce qui ressort énormément aussi, c’est sa vision du leadership. Une vision très loin du cliché du dirigeant qui arrive avec toutes les réponses. Plus les responsabilités augmentaient dans sa carrière, plus il sentait qu’il avait le devoir d’écouter davantage, de poser plus de questions puis de rester connecté au terrain. Derrière le président de Desjardins, on découvre surtout quelqu’un qui semble profondément intéressé par les humains.


1. L’autonomie a toujours été plus importante que le prestige

Une des phrases les plus importantes de toute la conversation arrive très tôt dans l’épisode. Quand Judith lui demande ce qu’il voulait devenir jeune, Guy Cormier répond simplement : autonome. Pas riche. Pas puissant. Pas président. Autonome. Puis honnêtement, cette réponse-là explique pratiquement tout le reste de son parcours. Parce qu’en l’écoutant parler de son enfance, on comprend rapidement qu’il a grandi dans un environnement où le travail puis la responsabilité faisaient partie du quotidien. Une mère couturière à la maison. Un père électricien qui aidait constamment les autres autour de lui. Des parents qui ne faisaient pas de grands discours, mais qui montraient par l’exemple qu’on prend soin du monde puis qu’on assume ses responsabilités.

Puis ça paraît encore aujourd’hui dans sa manière de parler du leadership. Même après être devenu président de Desjardins, il ne parle jamais vraiment du pouvoir comme quelque chose de séduisant. Il parle beaucoup plus d’impact, d’écoute puis de proximité humaine. Comme si, au fond, son moteur n’avait jamais réellement changé depuis le début. Ce qu’il voulait, ce n’était pas nécessairement monter au sommet. C’était construire une vie dans laquelle il pouvait être maître de ses décisions puis utile aux autres.


2. Les débuts de carrière sont souvent beaucoup plus durs qu’on le pense

Il y a une portion de l’épisode qui risque de frapper énormément de jeunes professionnels. Quand Guy Cormier termine son bac à HEC Montréal au début des années 90, il est convaincu qu’il va rapidement trouver sa place. Puis finalement, non. Récession. Peu d’emplois. Stress financier. Plusieurs jobs en même temps. Des enfants qui arrivent très jeunes dans sa vie. Puis beaucoup d’incertitude. Lui qui sortait de l’université gonflé à bloc se retrouve à vendre des téléphones cellulaires, faire des appels à froid puis travailler comme caissier dans une caisse.

Et ce qui est intéressant, c’est qu’il ne raconte jamais ça comme une humiliation. Au contraire. On sent presque qu’avec le recul, il comprend à quel point cette période-là l’a construit humainement. Parce qu’elle lui a appris quelque chose de fondamental : rien n’est dû. Puis honnêtement, dans une époque où beaucoup de gens ont l’impression d’être “en retard” sur leur vie à 25 ans, cette partie de la conversation fait énormément de bien. Guy Cormier rappelle qu’un parcours peut commencer dans le doute, dans les détours puis dans l’incertitude sans empêcher la suite d’être immense.


3. Les meilleurs leaders ne sont pas toujours ceux qui parlent le plus

Probablement une des réflexions les plus fortes de tout l’épisode. Avec le temps, Guy Cormier explique qu’il a réalisé que les meilleurs leaders ne sont pas nécessairement ceux qui arrivent avec toutes les réponses. Ce sont souvent ceux qui posent les meilleures questions. Puis ça, venant d’un ancien président de Desjardins, ça frappe un peu. Parce qu’on pourrait penser qu’un rôle comme celui-là demande surtout de projeter de la certitude. Mais lui raconte exactement l’inverse. Plus les responsabilités augmentaient, plus il ressentait le devoir d’écouter davantage.

D’aller sur le terrain. De parler aux employés. De poser cinq questions au lieu d’une. D’essayer de comprendre ce qui n’était pas dit. Puis derrière ça, il y a quelque chose de beaucoup plus profond qu’un simple conseil de gestion. Il parle presque d’une posture humaine. Une manière d’être avec les autres où l’objectif n’est plus juste d’avoir raison, mais de réellement comprendre ce qui se passe devant nous. Et honnêtement, dans un monde où tout le monde essaie constamment de performer puis de prouver qu’il est brillant, cette idée-là devient presque radicale.


4. Les grandes promotions viennent parfois avec des coûts invisibles

La portion sur son arrivée à la Fédération Desjardins est probablement la plus vulnérable de toute la conversation. Vu de l’extérieur, ça ressemble à une immense promotion. Plus de responsabilités. Plus de prestige. Plus de pouvoir. Mais lui raconte surtout autre chose. Il raconte les trajets vers Québec où il pleurait dans son auto. Le choc de quitter un rôle terrain qu’il adorait. La garde partagée de ses enfants. La culpabilité. L’impression d’avoir peut-être pris la mauvaise décision.

Puis honnêtement, c’est rare d’entendre un dirigeant parler aussi ouvertement de ce genre de moment-là. Parce qu’on parle souvent des promotions comme si elles étaient automatiquement synonymes de bonheur. Mais Guy Cormier montre quelque chose de beaucoup plus vrai : parfois, les plus grandes avancées professionnelles viennent avec des pertes humaines énormes qu’on ne voit jamais de l’extérieur. Et c’est probablement ce qui rend son discours aussi crédible aujourd’hui. On sent quelqu’un qui ne parle pas uniquement à partir du succès. Il parle aussi à partir des périodes où il s’est senti complètement déstabilisé.


5. Une culture d’entreprise se construit dans les comportements, pas dans les slogans

Quand Guy Cormier devient président de Desjardins en 2016, il explique qu’il voulait bâtir une organisation plus simple, plus humaine, plus moderne puis plus performante. Mais ce qui est intéressant, c’est surtout la façon dont il parle de culture. Il ne parle pas de vision corporative abstraite ou de grands slogans inspirants. Il parle de comportements. De répétition. De proximité. D’écoute. De communication constante avec les employés.

Pendant des années, il prend le temps de parler directement aux dizaines de milliers d’employés de l’organisation. Il répond à leurs questions. Il veut comprendre leurs préoccupations. Puis surtout, il veut que les membres puis les clients redeviennent le centre réel des décisions. Puis honnêtement, ça rappelle quelque chose qu’on oublie souvent dans les entreprises : la culture, ce n’est pas ce qu’on affiche sur un mur. C’est ce que les gens vivent au quotidien. Et dans son cas, on sent très clairement que cette obsession de proximité vient directement de son parcours. L’emballeur de Provigo qui aimait parler au monde n’a jamais complètement disparu derrière le président de Desjardins.


Qui est Guy Cormier?

Guy Cormier est un dirigeant québécois et ancien président du Mouvement Desjardins, qu’il a dirigé de 2016 à 2025. Originaire de Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, il a grandi dans une famille ouvrière avant de faire des études à HEC Montréal puis de commencer sa carrière chez Desjardins comme caissier et directeur de compte d’entreprise. Au fil des années, il a occupé plusieurs rôles importants au sein du Mouvement Desjardins avant d’en devenir le président.

Reconnu pour son leadership humain, sa proximité puis son intérêt profond envers les entrepreneurs et les communautés, Guy Cormier a marqué l’organisation par une importante transformation culturelle axée sur l’écoute, la simplicité puis l’expérience membre. Mais dans cet épisode, ce n’est pas seulement le gestionnaire qu’on découvre. C’est aussi un père qui a eu ses enfants très jeune. Un homme qui a traversé des périodes de doute importantes. Quelqu’un qui parle ouvertement d’adversité, de responsabilité puis du poids humain derrière les grandes décisions professionnelles.