Ce que tu vas découvrir dans cet épisode
Dans cet épisode d’Un café avec Judith, Ève Laurier revient sur les trente années qui l’ont menée jusqu’à son rôle de vice-présidente Communications et Marketing chez Bombardier. Elle raconte son passage en agence, son MBA exécutif, sa passion pour le storytelling puis les grands apprentissages qui ont façonné sa carrière dans des organisations en constante transformation.
Mais derrière la dirigeante, on découvre surtout une femme qui a dû apprendre à ralentir. Elle parle avec beaucoup de transparence de leadership, de feedback, de maternité, de séparation puis de tous les compromis qu’impose une carrière ambitieuse. Une conversation profondément humaine sur ce qui se passe derrière les titres, les promotions puis les réussites que tout le monde voit.
Les grands thèmes abordés
Cet épisode tourne autour de plusieurs grands axes. On y parle de leadership, de communication stratégique, de storytelling, de gestion d’équipe puis de transformation organisationnelle. On y parle aussi de maternité, d’équilibre de vie, de développement personnel puis de cette transition entre être une excellente exécutante et devenir une véritable dirigeante.
Mais derrière tous ces sujets professionnels, il y a surtout une réflexion sur la croissance. Sur l’importance d’apprendre à écouter davantage, à demander du feedback puis à accepter que les qualités qui nous permettent d’avancer ne sont pas toujours celles qui nous permettront de continuer à évoluer.
1. Toute sa carrière a été construite sur le mode « sink or swim »
Quand Ève Laurier raconte son parcours, on comprend rapidement qu’elle a toujours avancé avec la même philosophie : on lui donnait un mandat, puis elle trouvait une façon de le livrer. Depuis ses débuts en agence jusqu’à Bombardier, elle a bâti sa réputation sur sa capacité à exécuter, à résoudre des problèmes puis à dépasser les attentes.
Cette manière de travailler lui a permis de gravir les échelons rapidement. Mais en arrivant chez Bombardier, elle réalise que ce qui faisait sa plus grande force allait aussi devenir son principal défi. Être une excellente performeuse ne suffisait plus. Elle devait maintenant apprendre à ralentir, à consulter davantage puis à faire grandir les autres autour d’elle.
2. Le storytelling est devenu son véritable super pouvoir
Une des parties les plus intéressantes de la conversation est sans doute celle où Ève explique sa manière de bâtir une stratégie de communication. Pour elle, tout commence par une grande feuille blanche. Elle identifie d’abord toutes les personnes à qui l’organisation doit parler, puis cherche le message qui aura réellement du sens pour chacune d’elles.
Elle insiste aussi sur l’importance des titres, des mots puis des histoires. Selon elle, un bon titre peut parfois demander plus de travail qu’un communiqué complet. Parce qu’au fond, le rôle du communicateur n’est pas simplement de transmettre de l’information. C’est de réussir à faire comprendre pourquoi cette information mérite qu’on s’y intéresse.
3. Son plus grand apprentissage est arrivé une fois devenue dirigeante
Ève explique que le véritable tournant de sa carrière n’a pas été son arrivée chez Bombardier, mais bien la découverte d’une nouvelle façon de gérer. Jusqu’à ce moment-là, elle excellait dans son domaine. Puis soudainement, elle devait apprendre à bâtir des alliances, à créer des espaces de discussion puis à accompagner une centaine d’employés.
Elle découvre aussi toute une gouvernance qu’elle ne connaissait pas auparavant, notamment les rencontres quotidiennes de gestion. Au départ, cette structure lui semble très rigide. Puis elle réalise rapidement qu’elle permet au contraire de mieux communiquer, de mieux collaborer puis de donner davantage d’autonomie aux équipes.
4. Le meilleur feedback commence toujours par une question
L’un des plus beaux apprentissages qu’Ève partage dans cet épisode concerne sa vision du feedback. Selon elle, le feedback lui-même ne devrait occuper qu’une petite partie de la conversation. L’essentiel vient ensuite, lorsqu’on demande simplement : « Comment je peux t’aider? »
Cette approche, qu’elle a apprise auprès d’Éric Martel, a complètement changé sa manière de diriger. Avant de corriger ou de proposer une solution, elle cherche d’abord à comprendre la réalité de l’autre. Parce qu’un bon leader ne cherche pas seulement à améliorer la performance. Il cherche surtout à créer les conditions qui permettront aux gens de réussir.
5. Derrière la carrière, il y a surtout une mère qui a dû apprendre à choisir
La partie la plus touchante de l’épisode arrive lorsque Judith aborde la maternité. Ève raconte qu’elle n’a jamais rêvé de devenir mère. Son ambition occupait toute la place. Puis, à 36 ans, elle prend la décision d’avoir un enfant, sans savoir à quel point cette expérience allait transformer sa vie.
Elle parle aussi avec beaucoup de vulnérabilité de sa séparation, de la garde partagée puis des nombreux voyages professionnels qui l’ont parfois forcée à être loin de son fils. Derrière le parcours impressionnant de la dirigeante, on découvre surtout une femme qui a constamment essayé de concilier deux mondes qu’on oppose encore trop souvent : une grande carrière et une présence réelle auprès de son enfant. C’est probablement ce qui rend cette conversation aussi touchante que pertinente.
Qui est Ève Laurier?
Ève Laurier est vice-présidente Communications et Marketing chez Bombardier. Elle cumule près de trente ans d’expérience en marketing, en communications, en relations publiques puis en affaires gouvernementales. Avant de rejoindre Bombardier, elle a travaillé en agence, notamment chez Edelman, puis a développé une expertise très forte en storytelling, en réputation de marque puis en stratégie auprès de multiples parties prenantes.
Mais dans cet épisode, on découvre surtout la femme derrière la dirigeante. Une femme ambitieuse, lucide, profondément attachée à son fils, qui n’a jamais cessé de se remettre en question malgré une carrière impressionnante. Ève parle de ses erreurs, de ses angles morts, de maternité, de séparation puis de cette transition essentielle entre livrer soi-même et apprendre à faire grandir les autres. Au fond, ce qui la définit peut-être le mieux, ce n’est pas seulement son talent pour raconter les histoires. C’est sa volonté constante de continuer à apprendre.
