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Santé mentale & ego d’entrepreneur – Dominic Gagnon

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Ce que tu vas découvrir dans cet épisode

Cet épisode propose un entretien avec Dominic Gagnon, entrepreneur originaire du Lac-Saint-Jean qui partage avec une transparence désarmante son parcours, ses luttes en santé mentale et sa vision radicale de l’entrepreneuriat.

Parcours atypique

Entrepreneur dès 14 ans comme producteur de spectacles punk rock, Dominic a cofondé l’agence Piranha avant de lancer Connect&GO, qui fournit des bracelets à puce pour des événements majeurs mondiaux et des systèmes de gestion pour parcs d’attraction. Il se décrit comme haut potentiel intellectuel (HPI), extrêmement obsessif, et préfère jongler avec plusieurs projets simultanément plutôt que de se concentrer sur un seul.

L’échec et les pensées suicidaires

La faillite de Piranha, causée par le détournement d’un million de dollars par son associé, l’a plongé dans une crise identitaire profonde. Cette détresse a culminé en pensées suicidaires qu’il décrit comme devenant un « projet » planifié. Il rappelle que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les entrepreneurs en Amérique du Nord et aborde sa lutte contre l’hyperphagie, soulignant que les entrepreneurs sont trois fois plus susceptibles de souffrir de dépendances.

Leadership et vision de l’avenir

La vulnérabilité a été essentielle à sa résilience. Dominic a appris à passer du « moi » au « nous » et critique l’écosystème entrepreneurial québécois qui nourrit les égos. Face à l’intelligence artificielle, il recommande de devenir des généralistes curieux et automatise lui-même 80 % de ses tâches pour se concentrer sur la vision et l’innovation. Il conclut en encourageant toute personne ayant des pensées suicidaires à en parler.

Les grands thèmes abordés

I. Identité et neurodiversité

Originaire du Lac-Saint-Jean d’un milieu modeste, Dominic s’est toujours senti différent et pas à sa place. Diagnostiqué HPI (Haut Potentiel Intellectuel), dyslexique, dyscalculique et TDAH, il décrit un cerveau qui pense en arborescence, effectuant des calculs en temps réel et se projetant constamment dans le futur, ce qui rend le présent « ennuyant à mourir ». Il fonctionne au stimuli du plaisir et considère la curiosité comme la qualité essentielle.

II. Philosophie entrepreneuriale et leçons d’échec

Au-delà de son parcours précoce (première entreprise vendue à 16 ans pour 57 000 $), Dominic aborde la fraude qui a détruit Piranha : son associée a détourné plus d’un million de dollars via de fausses incorporations, le laissant seul administrateur face à la faillite personnelle. Après avoir perdu 98 % des revenus de Connect&GO durant la pandémie, l’entreprise a pivoté vers les systèmes de gestion pour parcs d’attractions. Il insiste sur la délégation et sur la transformation de l’entreprise d’un « one man show » à une équipe collaborative. Il associe ses échecs aux moments où il devient trop confortable, cherchant à rester « affamé » pour maintenir sa performance.

III. Santé mentale, dépendance et vulnérabilité

La faillite l’a plongé dans une crise identitaire menant à six mois de planification suicidaire méticuleuse. Il révèle son profil de dépendant : une bouteille de scotch par soir remplacée durant la pandémie par l’hyperphagie (boulimie sans vomissement), décrivant les crises comme une euphorie totale suivie de honte. Il souligne que les entrepreneurs ont huit fois plus de problèmes de santé mentale que la population normale et que le suicide est leur deuxième cause de mortalité. Son « coming out » public durant la pandémie a soudé son équipe et lui a apporté du soutien essentiel.

IV. Culture et avenir technologique

Dominic critique l’émission « Dans l’œil du Dragon » qui nourrit les égos et présente une image faussée de l’entrepreneuriat, ainsi que la culture québécoise qui « aime l’échec » et tape sur ceux qui tombent. Excité et terrorisé par l’avenir, il prédit une vague massive de chômage due à l’IA et cite l’objectif de la Silicon Valley : des entreprises d’un milliard avec 10 employés ou moins. Il conseille de devenir généraliste plutôt que spécialiste, car la technologie évolue trop vite. Il apprécie la confrontation d’idées et déplore que la culture québécoise évite les débats.

Qui est Dominic Gagnon?

Dominic Gagnon est cofondateur et PDG de Connect&GO, reconnu parmi les 15 personnes les plus innovantes au monde par le magazine BizBash, aux côtés de géants comme Disney et Target. Originaire du Lac-Saint-Jean d’un milieu modeste (parents gagnant 40 000 $ à deux), il s’est lancé dans le piratage informatique à 12 ans, clonant pour 200 000 $ de cartes de crédit avant de se faire arrêter.

Parcours atypique

Entrepreneur précoce, il a été le plus grand producteur de spectacles punk rock du Saguenay durant son adolescence, produisant une centaine d’événements. Il a vendu sa première entreprise à 16 ans pour 57 000 $ avant de cofonder Piranha, dont la croissance a été financée en partie par une ligne érotique par texto.

Engagement pour la santé mentale

Auteur de « Et si l’entrepreneuriat rendait fou? » avec Isabelle Naessens, il reverse les profits à Persévérance Entrepreneuriale. Il est également cofondateur de la Fondation TDAH, blogueur pour Les Affaires, chroniqueur pour QUB Radio, CEO in Residence pour Zù (fondé par Guy Laliberté), et maître de conférences à l’ETS en entrepreneuriat. Son livre démontre qu’il y a 10 fois plus de personnes bipolaires et 6 fois plus de TDAH en entrepreneuriat.

Il se décrit comme quelqu’un d’extrêmement obsessif, insécure financièrement malgré son succès, et paranoïaque à l’idée de devenir confortable, associant ses échecs aux moments où il se sent trop à l’aise.